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W DELTA Z de Tom SHANKLAND

waz_in   Waz ( prononcé W delta Z) est un petit film qui ne paye pas de mine au premier regard et qui pourtant s’avère être une excellente surprise. Ce petit direct to DVD bien que vendu de manière un poil opportuniste comme un ersatz de torture porn à la Saw ou Hostel va se révéler au final comme un thriller horrifique avec une ambiance sombre et une véritable densité dramatique qui font que d’un seul coup le film surpasse sans aucun soucis les deux licences réunis… L’éternel paradoxe restant comme toujours que ce film soit cantonné aux rayonnages des magasins alors que le bien nommè en matière de charcuterie purement alimentaire et industrielle Saw 6 est prévu en salles pour début novembre,

Waz raconte donc l’histoire de deux flics qui enquêtent sur une série de meurtres particulièrement violents, les cadavres retrouvés ayant subit de nombreuses tortures et mutilations. Bien vite ils vont découvrir que les victimes vont par paire et que vraisemblablement le tueur pratique un jeu morbide en torturant une personne tout en lui laissant le choix de mettre fin à son calvaire en tuant toutefois un de ses proche, un choix des plus douloureux éprouvant les sentiments les plus intimes des victimes comme le résume l’excellente tagline du film « jusqu’où êtes-vous prêt à souffrir pour sauver ceux que vous aimez ? «

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L‘une des premières bonne surprise du film est de voir sur l’écran des personnages denses avec une vraie épaisseur dramatique. Les deux flics portent en eux une forme de sombre mélancolie et des blessures intérieures qui leur donnent à la fois une grande force de caractère et une forme de fragilité interne. C’est le comédien suédois Stellan Skarsgard habitué des films de Lars Von Triers qui incarne avec talent l’inspecteur Argo, un flic désabusé et totalement rongé de l’intérieur. Sa jeune partenaire est incarné par Melissa George surtout connue jusqu’ici pour son rôle dans 30 jours de nuit de David Slade et qui incarne ici un flic au regard presque candide et dépassè par la noirceur des évènements qui l’entoure. Impossible par exemple d’oublier le visage de la jeune actrice lorsque dans l’épilogue du film elle sourit nerveusement pour contenir le flot d’émotion qui vient la submerger. Pour parfaire le casting il faut aussi noter la très belle performance de Selma Blair qui incarne là encore un personnage ambigu dont la froide détermination des actes ne trouvent de résonances que dans la sombre douleur qu’elle porte en elle.

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Les amateurs d’étalages de boucherie seront sans doute franchement déçu par Waz dont le propos n’est absolument pas d’aligner pour le fun un maximum de scènes gores bien crapoteuses. Le film choisit même plus volontiers la suggestion plutôt que de montrer de manière frontale les différents tortures subit par les personnages. Le film n’en est pas moins éprouvant jouant sur une violence physique et psychologique qui fait souvent très mal à regarder et il suffit parfois au réalisateur du film de quelques courts flashbacks pour donner à une scène de viol toute sa dimension en matière de violence hallucinante et d’intensité dramatique. Et c’est peut être bien là que réside la force du film de Tom Shankland, dans cette capacité à toujours accompagné la violence graphique du film d’un background dramatique et émotionnel tout aussi douloureux que l’aspect physique des souffrances. Et il fallait alors être foutrement culotté pour orchestrer un acte final aussi casse gueule que celui du film tout en restant parfaitement crédible, Waz (prononcé toujours W delta Z) offre alors aux spectateurs une confrontation finale dont la violence des rapports psychologiques entre les personnages dépasse de loin la barbarie des tortures infligées. Un final qui en plus à l’intelligence de s’inscrire parfaitement dans l’esprit thématique du film et cette notion du sacrifice pour sauver la personne que l’on aime.

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Waz est donc un film particulièrement sombre dont les personnages ne verront presque jamais la lumière du jour, au sens propre comme au figuré le film se déroulant presque entièrement de nuit. Un film qui flirte avec le nihilisme le plus complet dans sa description de rapports humains mis à mal par la souffrance, l’instinct de survie et le besoin d’amour. Un peu à la manière de Seven le film baigne dans une ambiance de noirceur absolue toutefois bien moins graphique et esthétique que dans le film de Fincher. Les éléments qui composent l’univers déliquescent de Waz sont la nuit, des immeubles déglingués, un vieux commissariat bordélique, des hangars désaffectés, des putes, des drogués, des flics corrompus, des vies pleine de solitude, des mères prêtes à sacrifier leurs fils…. un univers dont émerge un sentiment étouffant de tristesse amplifié par la belle partition de David Julyan compositeur attitré des premiers films de Christopher Nolan.

W delta Z rejoint donc la longue liste des très bons films condamnés aux petits écrans, et du coup c’est avec une grosse impatience que j’attends le prochain film de Tom Shankland intitulé The children prévu en salles pour fin octobre avec une histoire de gamins se retournant contre leurs parents dans un esprit très seventies.

Ma(d) note : 7,5/10


5 Réponses à “W DELTA Z de Tom SHANKLAND”


  1. 1 lazycritic oct 12th, 2009 à 19:42

    Je suppose que pour “the children”, tu veux dire “se retournant contre” parce que ça arrive à n’importe quel gamin, même les meilleurs, de se retourner vers leurs parents. Et puis, pour avoir vu le film, je le trouve très années 2000 en fait, ce “The Children”.

  2. 2 Freddy K oct 12th, 2009 à 20:37

    Effectivement c’est contre leurs parents (quel boulet!) ; merci d’avoir noter l’erreur, c’est maintenant rectifié…Si tout les enfants se tournaient vers leurs parents ce serait l’enfer ; )
    Pour The children ,Tom Shankland revendique une inspiration tournée vers The omen et Ne vous retournez pas (??) reste à voir le résultat mais je reste confiant vu la belle surprise que représente Waz pour moi.
    Encore merci !

  3. 3 geouf oct 13th, 2009 à 11:12

    WAZ est en effet un premier film plutot sympathique, meme si je suis je l’avoue moins enthousiaste que toi.

    SPOILERS

    Certes les personnages sont plutot bien developpes, mais on est devant le couple classique jeune bleue/vieux briscard magnifie par Fincher dans Seven. Le denouement est couillu, et j’apprecie qu’il se porte plus sur l’emotion que sur le sang, mais j’avoue que je n’ai pas trouve totalement credible la relation homo entre le flic et son indic…

    FIN SPOILERS

    Je trouve que le film manque un peu de suspense et d’originalite pour totalement me convaincre, malgre un tres bon casting. Selma Blair est impressionnante, et ca fait plaisir de voir encore Melissa George, qui est en train de se faire une bonne petite carriere dans le cine de genre, apres sa revelation dans Alias, puis Paradise Lost, et en attendant Triangle (qui sort ce week-end en UK, yes !).

    Tu peux retrouver ma critique ici:
    http://www.cinegeouf.com/2009/08/06/critiques-en-vrac-11-w%ce%b4z-le-monde-de-narnia-le-prince-caspian-les-proies-strangeland/

    Et concernant The Children, que j’ai vu il y a un an lors de sa sortie UK (vive le retard !), c’est une petite bombe horrifique assez flippante et derangeante, qui confirme le talent du bonhomme. Vivement la suite !

    Par contre, je

  4. 4 Freddy K oct 13th, 2009 à 12:46

    L’enthousiasme vient surtout du fait que je n’attendais strictement rien du film au départ.
    Concernant la relation entre le flic et son indic, moi j’y crois vraiment d’autant plus que Stellan Skarsgard donne une véritable intensité à cette relation…. Franchement je m’attendais tellement à un truc mou du genou du style “c’est mon fils caché…” que j’ai été agréblement surpris que le film puisse aller au bout de sa thématique

  5. 5 geouf oct 13th, 2009 à 14:38

    Oui, je comprends, moi c’est le contraire. Je l’ai decouvert apres l’excellent The Children, donc j’ai ete un peu decu.
    Mais c’est vrai que c’est un tres bon Seven-like, qui sort un peu des sentiers battus…

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