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JENNIFER’S BODY de Karyn KUSANA

jennifers_body_33  Il aura suffit de deux noms pour faire monter le buzz autour du film Jennifer’s body. C’est deux noms sont d’une part celui de Diablo Cody la jeune scénariste en vogue oscarisée pour le franchement très réussis Juno et de l’autre coté celui de la gentille pin-up et accessoirement actrice Megan Fox révélé par Michael Bay avec Transformers (C’est dire le niveau cosmique de la révélation). Les deux noms associées à un projet de film offrant un mix entre comédie pour adolescents et film d’horreur dans l’esprit des eighties pouvait effectivement faire saliver sur le papier d’autant plus que Diablo Cody avait le bon goût de faire directement référence dans Juno à des réalisateurs comme Dario Argento et Hershell Gordon Lewis. Concernant Megan Fox personnellement cela m’en touche une sans bouger l’autre mais la perspective de voir la nouvelle star éphémère du moment dans un film mêlant érotisme , horreur et comédie pouvait susciter malgré tout un léger semblant de curiosité. Très attendu donc Jennifer’s body se fait pourtant littéralement voler dans les plumes par la critique et les internautes qui se plaisent joyeusement à descendre en flammes le film lequel finit lui par se gaufrer lamentablement au box office américain. Pourtant si il est loin d’être un chef d’œuvre ou même simplement un très grand film Jennifer’s body demeure un bon petit moment de cinoche certes assez inoffensif mais finalement pas si désagréable que cela non plus.

 

Jennifer’s body raconte l’histoire de deux amies d’enfance dont les routes vont un peu se séparer au moment de l’adolescence. Jennifer (Megan Fox) est une beauté fatale et un rien provocatrice qui va se retrouver possédée par un démon lui donnant un féroce appétit pour les garçons. Quand à Needy (Amanda Seyfried) plus timide et introvertie elle va vite se retrouver confronter au dilemme entre protéger son amie de toujours et son petit ami qui pourrait très vite devenir une nouvelle proie pour Jennifer.

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Le plus gros défaut de Jennifer’s body est sans aucun doute son aspect tiède et désespérément fade qui fait que jamais le film ne semble totalement faire honneur aux différents genre qu’il voudrait investir. Le film n’est pas assez gore et rentre dedans pour être vraiment horrifique, pas assez drôle pour ressembler à une véritable comédie et bien trop sage et prude pour prétendre titiller les sens des spectateurs sur la fibre sexuelle. Le tout n’est pas vraiment sublimer par la mise en image assez anonyme de Karyn Kusama qui a bien du mal à transcender le script de Diablo Cody qui souffre lui aussi parfois d’une trop grande ressemblance thématique avec l’excellent Ginger snaps de John Fawcett.

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Et pourtant malgré cette jolie ribambelle de défauts le film reste assez agréable à regarder à condition toutefois de comprendre que le cinéma ne se divise pas en deux pôles distincts avec d’un coté les films cultes et de l’autre les navets. Jennifer’s boddy est juste un petit film moyen à usage presque unique qui se regarde avec plaisir et qui s’oublie peu de temps après. Mais pourquoi bouder à ce point les petits plaisirs ? Les deux comédiennes Megan Fox et Amanda Seyfried sont franchement agréables et réussissent à incarner avec justesse des personnages volontairement caricaturaux en leur donnant même une relative épaisseur. Car à l’évidence Diablo Cody joue ouvertement des codes des films d’adolescent et des films d’horreurs pour livrer un film en constant décalage. Si certain y verront une forme de cynisme il semblerait plutôt que la jeune scénariste porte simplement un regard à la fois tendre et distant sur ce qu’elle raconte. Un coup de pied dans la gueule avec des chaussons lapin, des animaux qui entourent deux amoureux comme chez Disney avant que la jeune fille ne dévore son prétendant, des rockers en quête de notoriété évoquant le diables à défaut de faire la bande originale d’un film d’horreur pour adolescents ce sont quelques exemples en vrac de délicieux décalage auxquels le film se livre souvent. De plus le film n’est pas aussi innocent et gentillet que cela en montrant par exemple une amitié décrite comme un simple rapport de force voir une relation de domination physique et psychologique. Le film est servi par une photo plutôt soigné et réserve même quelques jolies moments comme la toute première confrontation nocturne entre Needy et une Jennifer fraichement possédée. J’aime aussi beaucoup la scène qui montre Jennifer de dos se préparant méticuleusement au bal de fin d’année et qui se termine en montrant dans le reflet du miroir le visage de la jeune femme en pleurs, ravagée par la douleur de sa possession ressemblant pour un instant à une maladie détruisant à la fois sa beautée et sa jeunesse.

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Jennifer’s body est donc un petit film sympathique à regarder sans trop se prendre la tronche. C’est pas du cinématographe, pas du grand septième art mais c’est peut être juste du bon cinoche et c’est déjà ça de pris, d’autant plus que le film semble vraiment n’avoir aucunes autres prétentions que cela.

 

Ma(d) note : 05/10


5 Réponses à “JENNIFER’S BODY de Karyn KUSANA”


  1. 1 geouf nov 13th, 2009 à 13:36

    Tiens, c’est marrant, j’ai aussi poste ma critique hier !
    Et franchement, je te trouve bien gentil. Parce que vu la pretention affichee par Diablo Cody lors de l’ecriture de son script, on etait en droit de s’attendre a largement mieux !
    C’est mou, tiede, bourre d’incoherences, ridicule par moments (franchement, super le demon qui bouffe des mecs pour… rester la pouffe du lycee!), et Megan Fox est incapable de debiter plus de deux lignes de dialogues.
    Bref, je me suis retourne un certain nombre de fois sur mon siege en attendant avec impatience la fin du film (ou en attendant qu’il finisse par se passer quelque chose).
    Un film qui pete plus haut que son cul a mon avis, et qui du coup en devient haissable.

  2. 2 freddy K nov 13th, 2009 à 13:51

    J’ai vraiment du mal à comprendre en quoi Diablo Cody aurait pondu un film prétentieux qui pete plus haut que son cul (??);du coup le concept du film haïssable me dépasse franchement pour le coup.
    Si Jennifer bouffe des garçons c’est surtout du fait qu’ils sont des proies faciles pour elle du fait de son physique et que c’est presque eux qui viennent vers elle, jamais il n’est dit que le démon devait se nourrir uniquement de jeune hommes, mais les raccourcis sont toujours faciles quand on a envie de démolir un film ; ).
    Sinon ma critique est effectivement assez gentille, c’est sans doute du au fait que je trouves que le film est traité de manière général avec un mépris et une suffisance qui ne me semble pas vraiment justifier

  3. 3 geouf nov 13th, 2009 à 15:30

    Ce n’est pas le fait que le demon bouffe des garcons qui me derange (d’ailleurs elle dit bien a un moment qu’elle peut faire pareil avec des filles), c’est que cela n’a finalement aucun but, mis a part rester belle pour pouvoir bouffer plus de garcons… On a connu plus recherche comme motivation pour un demon…

    Concernant le fait de “peter plus haut que son cul”, je me base sur les quelques interview de Diablo Cody et Karyn Kusama, qui affirmaient vouloir faire un “anti-Twilight” et un film avec un message sur l’amitie, qui soit a la fois fun et effrayant. Ben desole mais c’est rate sur tous les points pour moi. C’est pas fun (c’est meme plutot chiant), et c’est pas effrayant, et on ne croit jamais a la relation entre les personnages.

    En clair, le film ne remplit meme pas le cahier des charges basique que n’importe quel slasher cretin arrive a assurer.

  4. 4 Freddy K nov 13th, 2009 à 18:19

    Il me semble que la motivation n’est pas seulement de rester belle mais surtout de rester vivante, elle se nourrit essentiellement pour cela. Quand Jennifer ne bouffe elle dépérit tout simplement.
    Concernant les intentions et le coté anti-Twilight, mouais!! Les intentions de ceux qui font des films sont souvent positives de toute manière et puis le reste c’est parfois des raccourcis de journalistes.
    Je suis d’accord avec toi ce n’est pas fun et aucunement effrayant,pourtant je persiste à penser que ça reste malgré tout agréable à regarder comme plein d’autres films à usage unique et qu’une grosse partie de l’animosité que cristalise le film vient de la personnalité de Diablo Cody.
    Apres je suis persuadé que grosso modo on pense plus ou moins la même chose du film, après c’est l’histoire du verre à moitiè plein ou à moitié vide, j’ai trouvé le film moyen et choisit d’être plutôt positif pour ne pas hurler avec la meute ; )

  5. 5 geouf nov 13th, 2009 à 18:37

    Bon ben moi aussi je reponds sur les deux blogs a la fois, comme ca ce sera bien complique est plus fun !
    J’imagine que j’ai aussi ete conditionne par le matraquage publicitaire autour du film, vu qu’au Royaume-Uni il a ete survendu. Donc j’en attendais plus, meme venant d’un “film a usage unique”. Lesbian Vampires Killers m’avait plus comble de ce cote ;-)

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