Archives de la catégorie 'Critiques'

07
mar

LOVELY BONES de Peter JACKSON

lovely-bones Après avoir enchainé 4 films monstrueux en matière de spectacle, de budget, de logistique et de somme de travail (La trilogie du Seigneur des anneaux et King Kong) Peter Jackson souhaitait revenir à un projet avec une dimension bien plus humaine. Si les fans de la première heure espérait secrètement voir Jackson revenir vers le film gore c’est plutôt du coté du drame à tendance fantastique que le génial réalisateur néo-zélandais a décidé de s’orienter pour livrer un film dans la veine de son magnifique chef d’œuvre Heavenly créatures.

Lovely bones raconte l’histoire de Susie Salmon une jeune fille de 14 ans tuée par un homme aux pulsions meurtrières et sexuelles orientées particulièrement vers les adolescentes. D’une sorte de no mans land perdu entre ciel et terre, la jeune fille observe alors les répercutions de sa mort sur ses proches et tente de faire arrêter son meurtrier avant de totalement disparaître.

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Ce serait bien peu dire que Lovely bones est un film d’une grande richesse thématique, Peter Jackson livre un film totalement hybride appartenant à divers genre cinématographique tout en conservant une cohérence absolue dans son récit. Aucuns des différents aspects du film ne sera négligés, on ne trouvera pas un aspect plus faible qu’un autre, aucun aspect ne prendras jamais réellement le pas sur les autre et tout finira au bout du compte par se compléter pour livrer une œuvre cinématographique aussi dense et intelligente que magnifiquement émouvante. Car le premier miracle de Lovely bones est d’être tout à la fois un thriller étouffant, un film onirique et fantastique, un poignant drame familiale et humain, une romance adolescente et une formidable réflexion sur le deuil avec quelques traits de comédies arrivant comme des respirations toujours maitrisées. Si le fond est aussi intense c’est aussi pour la simple raison que la forme est superbe et Peter Jackson livre avec Lovely bones un modèle de mise en scène, une sorte de manifeste de perfection graphique et narrative.

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Lovely bones est donc un thriller puisqu’il prend pour cadre un meurtre et une enquête policière visant à retrouver un assassin même ci ce dernier est assez vite clairement identifié. Peter Jackson choisit l’option payante de montrer un meurtrier à visage humain dont les comportements sont totalement ancrés dans un quotidien des plus banal. En refusant la figure classique du serial killer flirtant avec la folie Lovely bones propose un meurtrier d’autant plus inquiétant qu’il ressemble à tout le monde et donc n’importe qui. Il faut saluer la formidable performance de Stanley Tucci dans le rôle de George Harvey qui incarne avec force ce monstre à visage humain capable d’amabilités timides comme d’une froide détermination lorsqu’il répond à ses envies meurtrières. George Harvey est un personnage dont la vie semble être entièrement conditionnée par des pulsions qu’il tente de canaliser en s’occupant l’esprit et les mains par la fabrication de maisons de poupées. Lorsque la pulsion et l’envie de meurtre qui s’accompagne explicitement par une pulsion sexuelle s’empare de lui George reste tout aussi froid et méthodique pouvant élaborer des plans et une méthodologie minutieuse avant d’arriver à ses fins. Un homme froid, inquiétant, déterminé mais jamais clairement identifiable au premier regard comme un tueur. Peter Jackson joue d’ailleurs assez brillamment avec le regard de « détective » des spectateurs au tout début du film lorsque le personnage de Susie nous informe au milieu d’une scène que le tueur était déjà là présent à l’observer. Fatalement le spectateur cherche et regarde attentivement les personnages suspects au second plan puis on repère assez vite un homme sur lequel Jackson oriente avec malice notre regard, Peter Jackson a alors réussit son coup et capté toute notre attention, il en profite pour retourner nos apriori en nous montrant que l’homme que l’on voulait soupçonner est en fait un modèle de bonté et de générosité; une façon assez ludique et brillante d’introduire l’image ordinaire de son tueur. Si Lovely bones ne propose pas de suspens particulier au niveau de son enquête en revanche Peter Jackson propose des scènes de tension extrêmement efficaces digne des meilleurs thriller. La rencontre et la confrontation entre Susie et son meurtrier dans une sorte de cabane pour enfants dont le décor ressemble au fil du temps à celui d’un film d’horreur est particulièrement tendue et éprouvante. On pourrait aussi citer cette séquence durant laquelle la sœur de Susie explore la maison du tueur à la recherche de preuves alors que celui ci vient de rentrer chez lui. Une séquence certes ultra classique et même un peu cliché mais redoutablement efficace en matière de suspens, Peter Jackson jouant avec délice sur un silence plombant puisque le moindre petit bruit pourrait trahir une présence étrangère dans la maison.

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Lovely bones est aussi un drame et comment pourrait il en être autrement lorsque l’on traite de la perte d’un enfant dans des circonstances aussi tragiques et horribles que celles d’un assassinat. Sans jamais sombrer dans une forme appuyée de mélodrame Peter Jackson livre avec Lovely bones sans doute son film le plus émouvant et beaucoup de spectateurs auront sans doute comme moi un nœud dans la gorge et une boule dans le ventre lors du final du film qui est non seulement chargé d’émotions à l’image mais aussi dans le discours qu’il porte à la fois sur le deuil et sur le souvenir. Cette émotion est bien évidemment portée par des acteurs formidables comme Mark Whalberg dans le rôle du père ravagé de douleur et de colère et Rachel Weisz totalement bouleversante dans celui de la mère. Et puis le film est portée totalement par la voix et la présence parfois presque fantomatique et touchante de Susie interprétée avec une justesse désarmante par la formidable Saoirse Ronan dont la voix off mélancolique berce tout le film d’une tristesse imparable aussi pure que le bleu infini de son regard. Au détour d’une seule scène Peter Jackson réussit parfois à émouvoir jusqu’aux larmes comme lorsque Susie énumère froidement dans un univers très sombre les différentes victimes de son propre assassin. Mais c’est bien sur le regard que le film porte sur le deuil et le souvenir que Lovely bones prend des dimensions de chef d’œuvre, de ses films qui dépassent de loin le cadre d’un écran pour venir vous toucher au plus intime. Cet entre deux mondes perdus dans l’horizon, cet endroit dans lequel Susie reste comme prisonnière n’est pas comme dans une grande majorité des films fantastique uniquement un univers dans lequel un personnage se retrouve captif du fait qu’il refuse de mourir mais également un endroit dans lequel restent captifs les gens qui demeurent trop viscéralement agrippés à nos esprits et nos souvenirs. Des souvenirs qui peuvent devenir des obsessions qui se pervertissent alors en besoin de vengeance, des souvenirs qui peuvent détruire des couples et qu’il faut alors laisser s’envoler comme des esprits qui n’ont plus de raisons d’être sur terre. Cette image du souvenir retenant prisonnier les esprits de ceux que l’on aime sur terre en les condamnant à ne jamais atteindre le paradis est juste sublime. Sans avoir de conviction religieuse, sans croire à un paradis ou un au-delà Lovely bones est un film magnifique sur le deuil, sur ce tiraillement intime entre un oublie coupable et un souvenir tellement affligeant de tristesse qu’il ne pourra qu’être destructeur. Pourtant Peter Jackson semble refuser que son film soit porteur d’un unique désespoir et il montre aussi que le deuil, la mort, le souvenir peuvent être des actes libérateurs presque rédemptoires et que la vie et l’amour peuvent transcender les pires épreuves.

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Lovely bones est aussi un film fantastique puisqu’il prend pour cadre un endroit perdu entre ciel et terre, une sorte de purgatoire onirique existant autant par l’imaginaire de ceux qui y vivent que par la puissance évocatrice des souvenirs de ceux qui nous y retiennent. Peter Jackson livre un univers absolument magnifique, emprunt de poésie et d’un surréalisme entre Dali et Magritte avec des bateaux en bouteilles qui viennent se fracasser sur des roches, des arbres dont le feuillage est composé de milliers d’oiseaux verts qui s’envolent soudain pour laisser derrière eux un arbre mort, des paysages purs et colorés, des images puissantes d’une grande force à la fois graphique et symbolique. Car cet entre deux mondes est un univers qui varie souvent selon les sentiments des esprits qui en prennent possession. C’est un monde coloré, ludique proche de celui d’un conte de fée lorsque qu’il est habité essentiellement par l’esprit de Susie et par son innocence. Puis beaucoup plus sombre et inquiétant lorsque ce monde devient régit par les souvenirs emprunt de colère de son père ou par la tristesse de sa mère. Un univers qui peut autant ressembler à une illustration pastel d’un livre pour enfants qu’à une séquence sortant directement d’un film d’horreur comme lorsque Susie comprends sa fin tragique en observant son meurtrier prenant un bain un linge sur le visage dans un univers blanc maculé uniquement de tâches de boue et de sang. Cet univers onirique changeant fait penser parfois à la plastique sublime des film de Tarsem Singh ou à l’univers de Paperhouse le film de Bernard Rose. Tour à tour poétique, onirique, inquiétant, effrayant, rococo, naturaliste, baroque, surréaliste, sombre, coloré l’univers de Lovely bones est à l’image de son récit complexe et multiple mais toujours parfaitement cohérent.

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Si dans l’ensemble Lovely bones est un drame assez sombre et émouvant il n’empêche que Peter Jackson offre aux spectateurs quelques respirations amusantes essentiellement par le biais du personnage fantasque de la grand mère de Susie interprétée par Susan Sarandon. Une sorte de desperate housewive qui picole et fume tout le temps et qui vient apporter un peu de vie dans cette famille rongée de l’intérieur par le poids du décès de leur fille. Cette grand mère est certes une sorte de bouffée d’air frais dans le film mais c’est aussi un personnage à part entière qui aura une importance capitale dans le récit, elle n’est pas juste là gratuitement pour faire sourire. C’est entre autres choses elle qui fera prendre conscience au personnage de Rachel Weisz qu’elle vit dans une maison avec une pierre tombale au milieu de la salle à manger. Pas aussi impliqué viscéralement dans l’émotion du deuil c’est aussi vers elle que se tournera la sœur de Susie pour tenter de confondre son meurtrier. De manière plus légère on notera un clin d’œil très appuyé à Lord of the ring et la traditionnelle apparition de Peter Jackson tenant une caméra à la main dans une boutique photo.

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On pourra tout juste reprocher à Lovely bones quelques personnages secondaires d’un moindre intérêt comme Holly qui vient guider Susie dans l’entre deux mondes ou le personnage du flic pourtant brillamment interprété par Michael Imperioli (Les Soprano) qui traverse le film sans grande implication. Le sort final réservé au tueur qui prend presque la forme d’un gag hasardeux pourra également décevoir bon nombres de spectateurs tout comme cette représentation un peu balourde du paradis avec l’inévitable lumière blanche. Mais ce ne sont que des petites broutilles par rapport à l’émotion et la puissance du film et il serait bien malhonnête de se focaliser uniquement sur ces quelques éléments.

Lovely bones est pour moi l’un des tout meilleur film de Peter Jackson lequel prouve pour son onzième film qu’il est un cinéaste rare et précieux capable de transcender n’importe quel sujet pour en faire de véritables merveilles.

Ma(d) note : 9,5 /10

07
mar

LA HORDE de Yannick DAHAN et Benjamin ROCHER

la-horde-affiche-france-375x500 La horde débarque enfin après une longue attente et une post-production ayant mis à contribution financière les fans sur internet. Il faut dire que le film de Benjamen Rocher et Yannick Dahan était sans doute l’un des projet de film de genre français les plus attendu de ses dernières années après une baisse de niveau significative en 2009 avec Mutants, Vertige etsurtout Humains. Les notes d’intentions des auteurs étaient clairs avec un mot d’ordre des plus alléchant; Badass ! Et puis l’excitation vis à vis du projet tenait aussi pour beaucoup à la personnalité de Yannick Dahan, grande gueule du paf, critique hardcore de l’émission culte Opération frisson et quasi icône d’une communauté geek qui connait presque par cœur ses aspirations de cinéma à travers les films qu’il défend comme à travers ceux qu’il descend. Sans pour autant être toujours d’accord avec les critiques et analyses de Dahan il faut reconnaître que le retrouver à la tête d’un polar sombre et violent dans un univers de films d’horreur avec des zombies ne pouvait que faire baver.

 

La horde raconte donc l’histoire d’une bande de flics qui décident d’aller venger la mort de l’un d’entre eux lors d’une expédition punitive en banlieue. Bien décidés à faire un carnage ils prennent alors d’assaut une tour délabrée et totalement abandonnée pour rejoindre au tout dernier étage une bande de gangsters. Pourtant rien ne va vraiment se passer comme prévu et très vite flics et voyous vont devoir faire équipe pour échapper à une véritable horde de zombies qui assiègent la tour. Leur seul et unique salut est de redescendre un à un les étages jusqu’à la sortie….

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Pour vraiment pouvoir apprécier La horde il faut se rendre à une seule et unique évidence, le film de Benjamin Rocher et Yannick Dahan est une grosse série B bien burné qui fonctionne à l’énergie, l’instinct et à la générosité plus qu’à l’intellect. C’est ce qui fait paradoxalement à la fois toute la force d’un spectacle parfois terriblement jouissif et toute la faiblesse d’un film souvent trop artificiel notamment dans ses dialogues. La horde revendique ouvertement ses aspects de pur divertissement pour adultes et son envie de proposer dans le paysage du cinéma de genre français une autre approche de l’horreur que les œuvres cérébrales, sombres, radicales et torturés de ses dernières années. L’intention est plus que louable et le résultat en dépit de quelques gros défauts est plutôt une jolie réussite.

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L’histoire de La horde tient presque du prétexte voir du concept de jeu vidéo avec ses personnages devant passer divers niveaux de plus en plus difficile pour ensuite pouvoir retrouver la sortie. Mais l’important tient plus au fait d’avoir un point de départ pour lancer la machine que de l’envie de raconter une histoire, après le film avance comme un poids lourd lancè à toute vitesse sans le moindre soucis de la signalisation et des codes de bonne conduite. Les personnages sont d’un bloc et taillés à la tronçonneuse dans leurs traits de caractères ce qui s’avère un choix plutôt judicieux vis à vis de l’univers mis en place. Preuve que l’option était la bonne puisque ce sont les deux personnages les plus extrêmes et les plus caricaturaux qui retiennent au final le plus l’attention à savoir Jo Prestia dans le rôle de José et Yves Pignot dans celui bien allumè de René. Pour le reste Dahan et Rocher ne semblent jamais dupe du caractère assez artificiel de leurs héros qui sont par définition des personnages de cinéma d’action qui se doivent d’être « bigger than life ». Les deux réalisateurs semblent d’ailleurs beaucoup s’amuser avec cette image de caractère de cinéma en donnant souvent a leurs différents personnages des pauses totalement iconiques flingues en main. Il suffit de voir comment les deux réalisateurs traitent la première apparition de René par exemple. C’est paradoxalement lorsque les personnages prennent une certaine dimension dramatique ou psychologique qu’ils perdent beaucoup en crédibilité, la relation jouant sur la corde sensible entre les deux frères Bola et Adewale tout comme les états d’âme de la flic enceinte étant loin d’être les points les plus positifs du film. Dans ce même ordre d’idée le discours sur la banlieue qui fort heureusement ne sert que de très vague toile de fond ressemble un peu à une approche sociologique à la Luc Besson.

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L’essentiel reste alors le plaisir d’assister à une bonne série B qui fonce dans le tas avec une jubilation assez communicative. On sent bien que Yannick Dahan et Benjamin Rocher ont voulus se faire plaisir quitte à parfois se planter en espérant que leur enthousiasme serait contagieux. Si La horde ne fonctionne pas toujours dans sa globalité il comprend suffisamment de nombreux gros moments de bravoure pour être tout à respectable. Les bons films sont parfois ceux dont on prend un malin plaisir à se remémorer les meilleurs moments en sortant de la salle, ce qui est objectivement le cas de La horde. Personnellement j’adore la première attaque de zombie avec les truands qui défouraille comme des malades sur le corps tout juste ressuscité d’un indicateur, j’adore également la titanesque et bien teigneuse confrontation dans une cuisine entre Claude Perron (Parfaite comme d’habitude) et une fille zombie. Impossible aussi d’oublier le final avec un Jean-Pierre Martins en marcel debout sur le toit d’une bagnole hurlant « Venez tous bande d’enculés !! » avant de faire un carton bien énervé sur une horde de zombies à coups de gun et de machette dans la gueule, dans le même registre cela reste un plaisir sans bornes de voir papy René défourailler à la mitrailleuse lourde sur tout les zombies s’aventurant dans un couloir avant de jouer de la grenade sur la personne de Yannick Dahan hilmself avec cette réplique culte « Ah tu voulais du hardcore ! ». Et dans le registre de la comédie pure la scène durant laquelle René (Yves Pignot) veux absolument couper la jambe du manouche José (Jo Prescia) fonctionne aussi parfaitement. La horde est un spectacle qui n’a pas la moindre petite prétention à venir péter plus haut que son statut de film d’action gore et bien bourrin et c’est tout aussi honnête et sincère que réjouissant de la part des deux réalisateurs.

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La horde reste donc un premier film bourré de petits défauts, dont la générosité pousse parfois à l’excès mais qui au bout du compte fait passer un formidable petit moment de cinéma. Yannick Dahan et Benjamin Rocher ont pour moi largement remplis leur contrat et La horde mériterait sans doute un plus grand soutien critique et public mais le mépris du cinéma de genre français est devenu une bien triste habitude.

Ma(d) note : 7,5/10

26
nov

BIENVENUE A ZOMBIELAND de Ruben FLEISHER

zombieland Bienvenue à Zombieland, voilà un titre qui sonne comme une invitation dans un parc d’attractions pour un petit tour en train fantôme et une virée sur le grand huit histoire de se faire gentiment peur autant que de se marrer un bon coup entre potes. Autant dire que pour une fois le titre français du film n’est pas complètement à coté de la plaque et reflète finalement assez bien le contenu du film.

L‘histoire de Bienvenue à Zombieland est celle de 4 personnages pas fatalement fait pour se rencontrer mais qui vont devoir se serrer les coudes pour survivre dans un monde infesté de zombies ou plus exactement de contaminés après que la terre se soit retrouvée victime d’une terrifiante épidémie. Famille, petit plaisir, amour, biscuit les personnages sont tous à la recherche de brides nostalgiques de leur vie passée et prêt à en découdre avec des hordes de zombies pour retrouver simplement un tout petit moment de plaisir.

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Quand on pense comédie et zombies on pense fatalement à Shaun of the dead ou Virus cannibale de Mattei dans un tout autre registre d’humour et le réalisateur Ruben Fleisher avoue d’ailleurs sans détour l’influence du film d’Edgar Wright sur Bienvenue à Zombieland . Pourtant Bienvenue à Zombieland n’est pas qu’un vague ersatz opportuniste de Shaun of the dead mais bel et bien un film avec sa propre identité et même sa propre originalité. Car en plus d’être une comédie jouant les codes du film d’horreur Bienvenue à Zombieland est aussi un réjouissant de buddy movie à 4 reprenant les principaux codes du genre en les concentrant principalement sur ses deux personnages principaux. D’un cote on trouve donc Colombus (Jesse Eisenberg) un personnage plutôt effacé, un poil trouillard qui doit sa survie à son extrême prudence et au respect très strictes de certaines règles et de l’autre on trouve Thallassee (Woody Harrelson) un personnage bien bourrin et rentre dedans qui lui doit sa survie au plaisir immense qu’il prend à défoncer des zombies dans des confrontations directs. Fatalement les deux personnages qui n’ont rien en commun vont se rencontrer, commencer par difficilement se supporter, puis par faire équipe avant de véritablement s’apprécier dans un schéma ultra-classique de buddy movie.

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Bienvenue à Zombieland est un film fort agréable qui n’a visiblement aucune autre prétention que de détendre le spectateur et de lui faire passer un bon moment et c’est peu dire que sur ce point il réussit parfaitement bien sa mission. Car en plus d’être une très bonne comédie le film ne néglige aucunement l’aspect horrifique avec des effets spéciaux et des maquillages très réussis ( mention spéciale aux fillettes zombifiées en robes de princesse) et une toute petite touche de gore assez réjouissante quoique encore un poil trop sage. Ruben Fleisher livre avec Bienvenue à Zombieland un film techniquement très soigné avec en bonus quelques effets de mise en scènes fort sympathique à l’image d’un générique de début absolument superbe avec une succession d’images de zombies en action au ralenti.

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Même si le film est moins directement référentiel qu’un Shaun of the dead il comporte pourtant de nombreux clin d’œil plus ou moins appuyé et conscient à d’autre films et le spectateur pourra s’amuser à retrouver des références à Mad Max, Sergio Leone, Délivrance ,SOS fantômes, impossible également de ne pas penser à Tueurs nés en voyant Woody Harrelson débarqué un fusil en main. Mais ce n’est pas sur cet aspect que Ruben Fleisher concentre le plus son attention mais bel et bien sur les relations entre ses personnages afin de leur donner de la consistance et de les rendre sympathique aux yeux du public. Le plaisir que l’on prend à regarder Bienvenue à Zombieland venant pour beaucoup de l’attachement presque immédiat vis à vis de ses personnages. Ruben Fleisher réussit même le temps d’un double flashback concernant le personnage de Thallassee (Woody Harrelson) à cueillir le spectateur sur le registre de l’émotion donnant sur cette seule scène à son film une dimension nouvelle, celle d’un petit supplément d’âme qui fait d’un coup de Zombieland beaucoup peu plus qu’un pur divertissement sans ambition. Ce double flashback, cette effet de miroir qui retourne d’un coup l’effet attendu d’un gag de répétition vers l’émotion brut afin de donner au personnage de Thallassse une vraie dimension dramatique est tout simplement génial.

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Alors Bienvenue à Zombieland n’est pas exempt du moindre défaut non plus, on pourra regretter notamment une légère baisse de rythme vers le milieu du film et surtout un final dans le parc d’attraction pas assez jouissif (surtout niveau gore) pour ressembler au bouquet final tant attendu mais dans l’ensemble difficile de faire la fine bouche devant le plaisir que procure le film. Et puis personnellement je ne suis pas totalement convaincu par le caméo de Bill Murray… L’idée est certes amusante, Bill Murray est comme toujours formidable, la scène est assez drôle mais elle reste un petit poil trop artificiel pour moi. On a un peu la sensation d’un élément venant se greffer sur l’histoire de manière assez gratuite sans aucune autre justification que d’avoir Bill Murray dans le film, à moins que ce ne soit la longueur de la scène qui transforme un simple cameo en un véritable rôle. Et puis il faut  reconnaître aussi que l’effet de surprise était depuis longtemps éventé par les critiques et les internautes

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Bienvenue à Zombieland reste donc un formidable divertissement, bien foutu, parfaitement rythmé avec en bonus une belle dimension humaine. Le film qui était au départ pensé comme un pilote de série télé devrait donc très vite engendré une voir plusieurs suite et c’est avec un immense plaisir que l’on devrait retrouver prochainement les 4 personnages du film dans de nouvelles aventures. Il reste juste à espérer que la belle surprise de ce premier opus ne laisse pas trop vite la place à une formule trop mécanique se déclinant ad-vitam sur plusieurs films.

Ma(d) note : 7,5/10

15
nov

ANTICHRIST de Lars VON TRIER

anti-6Imposteur, provocateur, manipulateur, prétentieux les qualificatifs ne manquent pas pour décrire le danois fou Lars Von Trier qui au fil de sa filmographie se sera doucement forgé une réputation de cinéaste inclassable divisant et partageant les avis critiques sur une échelle allant du zéro à l’infini. On pourra pourtant reprocher tout ce que l’on voudra au réalisateur mais il faut lui reconnaître la qualité primordiale d’un véritable artiste qui est son jusque boutisme à ne jamais concéder un pouce de sa vision de cinéaste à des considérations purement commerciales. Antichrist son dernier film en date et petit électrochoc du dernier festival de Cannes ne déroge pas à la règle et divise une fois de plus avec violence les critiques qui vomissent ou encense le film avec le même enthousiasme, car Lars Von Trier possède aussi le talent des plus grands artistes qui est celui de bousculer les esprits formatées pour ne laisser au final personne indifférent.

Après la perte tragique de leur enfant un couple tente de se reconstruire et pour se faire il se retire dans un chalet isolé en pleine forêt, un endroit paradoxalement appelé Eden dans lequel le couple va se confronter aux horreurs d’une rationalité et d’une raison laissant lentement la place à la folie d’une nature humaine mise à mal par la douleur.

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Avec Antichrist Lars Von Trier s’affranchit des contraintes qu’il s’était lui même imposés avec le dogme et revient donc à une forme de cinéma plus esthétique. Et comme pour marquer ce retour de façon magistrale il offre à son film un prologue absolument magnifique qui à lui seul justifierait presque la vision du film. Dans un noir et blanc sublime sur une musique qui résonne comme un requiem le réalisateur nous montre avec une précision chirurgicale des plans un couple faisant l’amour tandis que leur fils échappant à leur vigilance et fasciné par la neige qui tombe se jette d’une fenêtre. Un prologue à la fois poétique et terrifiant sublimè par une perfection graphique qui laisse bouche bée. Par la suite Lars Von Trier ne cessera d’alterner entre des séquences plus terre à terre héritées directement du Dogme et d’autres plus onirique et fantasmagorique rappelant que le réalisateur reste un formidable faiseur d’images comme le prouve encore les 3 premiers films de sa trilogie européenne. Lorsque Lars Von Trier montre son personnage féminin s’enfoncer mentalement dans la forêt pour rejoindre Eden il réussit quelques plans magnifiques qui réussissent à rendre la beauté de la nature particulièrement inquiétante. Des images au ralenti baignant dans une lumière magnifique, une légère distorsion de l’image se déformant comme une vague suffisent alors à donner une sensation de malaise profond.

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Antichrist est un film difficile et radicale et il convient de louer le talents des comédiens qui se sont totalement abandonnés à ce projet. Mais plus encore que Willem Dafoe pourtant parfais il faut saluer la prestation assez bluffante de Charlotte Gainsbourg dans un rôle des plus délicat. La comédienne confit que la peur la plus profonde de Lars Von Trier était de tomber sur une actrice qui refuserait de se soumettre aux contraintes du scénario et qui de ce fait pourrait finalement lâcher le projet en cours de route. On comprends le réalisateur au regard de l’impudeur physique et psychologique qu’il impose à son actrice durant tout le film. C’est peu dire que Charlotte Gainsbourg trouve ici l’un des plus intense rôle de sa carrière et qu’elle livre une performance assez extraordinaire jouant sur des registre aussi difficile que la douleur et la folie avec une même aisance et une même constante crédibilité. Un rôle physique, impudique,perturbant impliquant de se fondre fondamentalement dans l’imaginaire d’un artiste et ceci au delà de toute considération d’image ou de reconnaissance public, une véritable mise à nu dans lequel l’actrice se plonge corps et âme jusqu’au vertige. Charlotte Gainsbourg livre tout simplement une très grosse performance d’actrice, une de celle qui au delà de toute considération pour le film lui même mérite juste le respect, la comédienne se verra donc assez justement récompensé par le prix d’interprétation à Cannes.

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Mais encore plus que sur la forme c’est sur le fond qui vient diviser Lars Von Trier avec Antichrist, certains ne voyant qu’une vague branlette intellectuelle (argument puant de mépris) et provocatrice alors que d’autres fondent sur le film en brandissant l’argument d’un immonde pamphlet misogyne. On pourrait pourtant dire pour contredire cette argument forcément réducteur que Lars Von Trier est un réalisateur qui offre régulièrement de superbes rôles à ses actrice de Emily Watson en passant par Björk, Nicole Kidman et donc Charlotte Gainsbourg, un cinéaste qui semble donc infiniment plus respecter ses actrices et par extension les femmes que bon nombres de cinéastes dans le monde les cantonnant à des rôles de potiches comme de vulgaires éléments d’un décor. Antichrist est incontestablement un film qui focalise à travers ses deux personnages deux pôles de la nature humaine avec d’un coté l’homme incarnant à travers Willem Dafoe la civilisation, la raison , l’analyse et le pragmatisme et de l’autre coté la femme qui représente à travers Charlotte Gainsbourg l’émotion, la folie, la passion, la pulsion et l’instinct animal. Mais plus qu’une vulgaire guerre des sexes c’est bien de l’humanité entière que parle Lars Von Trier à travers ses deux personnages. Nous sommes des animaux doués de raison, nous avons canalisé nos pulsions derrière des limites purement intellectuelles. Lorsque survient un événement aussi tragique que la mort d’un enfant notre raison vacille et le doute, le désespoir, la culpabilité et finalement la folie nous guette car les pulsions les plus sombres et négatives font partie de notre nature.

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Mais il ne faut pas non plus chercher d’excuses et d’explications pour venir apaiser la colère bien pensante des garant(e)s du bon goût et du politiquement correct carAntichrist parle aussi bel et bien d’une femme profondément maléfique comme de nombreux autres films auront montrés par le passé des hommes mauvais. Car Antichrist ne pose finalement rien de plus que cette idée que le mal n’est pas une exclusivité masculine. Lars Von Trier expose alors avec un rien de provocation (au sens de faire réagir) l’image d’une femme sombrant dans la folie de ses pulsions les plus bestiales jusqu’à finir par se persuader qu’elle est l’instrument du diable en se référant à une victimisation millénaire des femmes à travers la sorcellerie. Il fait même dire à son personnage principal que si la nature humaine est mauvaise il faudrait envisager que celle de la femme le soit également. Alors oui le portrait de cette mère en deuil n’est pas reluisant du tout, Lars Von Trier nous montrant une femme incapable de canaliser ses pulsions sexuelles, fragile mentalement, violente et castratrice, prête à mutiler l’homme quelle aime pour le garder près d’elle mais jamais le réalisateur ne cautionne une quelconque généralité concernant les femmes. Les bonus du DVD sont plus explicite encore puisque Lars Von Trier déclare dans un court module intitulé « La femme instrument du diable » qu’il serait parfaitement ridicule de penser que la femme soit plus mauvaise que l’homme mais que ce serait tout aussi idiot de penser le contraire. Les personnages les plus négatifs des films devront bientôt n’avoir ni sexe, ni nationalité, ni couleur, ni particularité physique pour ne choquer personne et c’est aussi le devoir d’artiste comme Lars Von Trier de nous faire réfléchir au conditionnement de nos esprits en venant les bousculer par une forme positive de provocation. Et quand bien même Lars Von Trier nous montrerait la nature comme un paradis une fois que celui ci serait débarrassé des femmes ce ne serait que la vision d’un artiste, que le propos d’un film, qu’une aspiration à remettre dans le contexte précis d’une œuvre de fiction.

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Antichrist est un vrai film d’horreur psychologique, un film radical perturbant , dérangeant, emprunt d’un profond malaise qui finit par transpirer à l’écran; mais c’est avant toute chose un film qui ose encore et toujours en allant jusqu’au bout de la vision de son metteur en scène lequel on le sait maintenant a réalisé Antichrist en sortant d’une profonde déprime qui remettait en cause jusqu’à son avenir en tant que cinéaste. Si il faut donc louer le jusque boutisme salvateur et le culot du film il ne faut pas non plus célébrer Antichrist sur les seuls arguments de l’audace et de l’intégrité. Antichrist est un grand film pour bien d’autre raisons encore, il faut juste accepter que le cinéma glissant de plus en plus vers l’industrie du divertissement de masse et la production de produits commerciaux calibrés sous vide puissent encore accoucher d’œuvres malades et « artistiques » afin de bousculer, déranger (perso je trouve les plans pornographiques pas vraiment indispensables) et donner à réfléchir. Antichrist est un film difficile qui demande par exemple de s’abandonner au rythme particulier et parfois un peu assommant du réalisateur mais c’est aussi l’un des plus beau film de cette année. Et puis comme le dit assez justement Pascal Laugier la transgression est souvent simplement la marque des grands films d’horreur.

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Ma(d) note / 08/10

12
nov

JENNIFER’S BODY de Karyn KUSANA

jennifers_body_33  Il aura suffit de deux noms pour faire monter le buzz autour du film Jennifer’s body. C’est deux noms sont d’une part celui de Diablo Cody la jeune scénariste en vogue oscarisée pour le franchement très réussis Juno et de l’autre coté celui de la gentille pin-up et accessoirement actrice Megan Fox révélé par Michael Bay avec Transformers (C’est dire le niveau cosmique de la révélation). Les deux noms associées à un projet de film offrant un mix entre comédie pour adolescents et film d’horreur dans l’esprit des eighties pouvait effectivement faire saliver sur le papier d’autant plus que Diablo Cody avait le bon goût de faire directement référence dans Juno à des réalisateurs comme Dario Argento et Hershell Gordon Lewis. Concernant Megan Fox personnellement cela m’en touche une sans bouger l’autre mais la perspective de voir la nouvelle star éphémère du moment dans un film mêlant érotisme , horreur et comédie pouvait susciter malgré tout un léger semblant de curiosité. Très attendu donc Jennifer’s body se fait pourtant littéralement voler dans les plumes par la critique et les internautes qui se plaisent joyeusement à descendre en flammes le film lequel finit lui par se gaufrer lamentablement au box office américain. Pourtant si il est loin d’être un chef d’œuvre ou même simplement un très grand film Jennifer’s body demeure un bon petit moment de cinoche certes assez inoffensif mais finalement pas si désagréable que cela non plus.

 

Jennifer’s body raconte l’histoire de deux amies d’enfance dont les routes vont un peu se séparer au moment de l’adolescence. Jennifer (Megan Fox) est une beauté fatale et un rien provocatrice qui va se retrouver possédée par un démon lui donnant un féroce appétit pour les garçons. Quand à Needy (Amanda Seyfried) plus timide et introvertie elle va vite se retrouver confronter au dilemme entre protéger son amie de toujours et son petit ami qui pourrait très vite devenir une nouvelle proie pour Jennifer.

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Le plus gros défaut de Jennifer’s body est sans aucun doute son aspect tiède et désespérément fade qui fait que jamais le film ne semble totalement faire honneur aux différents genre qu’il voudrait investir. Le film n’est pas assez gore et rentre dedans pour être vraiment horrifique, pas assez drôle pour ressembler à une véritable comédie et bien trop sage et prude pour prétendre titiller les sens des spectateurs sur la fibre sexuelle. Le tout n’est pas vraiment sublimer par la mise en image assez anonyme de Karyn Kusama qui a bien du mal à transcender le script de Diablo Cody qui souffre lui aussi parfois d’une trop grande ressemblance thématique avec l’excellent Ginger snaps de John Fawcett.

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Et pourtant malgré cette jolie ribambelle de défauts le film reste assez agréable à regarder à condition toutefois de comprendre que le cinéma ne se divise pas en deux pôles distincts avec d’un coté les films cultes et de l’autre les navets. Jennifer’s boddy est juste un petit film moyen à usage presque unique qui se regarde avec plaisir et qui s’oublie peu de temps après. Mais pourquoi bouder à ce point les petits plaisirs ? Les deux comédiennes Megan Fox et Amanda Seyfried sont franchement agréables et réussissent à incarner avec justesse des personnages volontairement caricaturaux en leur donnant même une relative épaisseur. Car à l’évidence Diablo Cody joue ouvertement des codes des films d’adolescent et des films d’horreurs pour livrer un film en constant décalage. Si certain y verront une forme de cynisme il semblerait plutôt que la jeune scénariste porte simplement un regard à la fois tendre et distant sur ce qu’elle raconte. Un coup de pied dans la gueule avec des chaussons lapin, des animaux qui entourent deux amoureux comme chez Disney avant que la jeune fille ne dévore son prétendant, des rockers en quête de notoriété évoquant le diables à défaut de faire la bande originale d’un film d’horreur pour adolescents ce sont quelques exemples en vrac de délicieux décalage auxquels le film se livre souvent. De plus le film n’est pas aussi innocent et gentillet que cela en montrant par exemple une amitié décrite comme un simple rapport de force voir une relation de domination physique et psychologique. Le film est servi par une photo plutôt soigné et réserve même quelques jolies moments comme la toute première confrontation nocturne entre Needy et une Jennifer fraichement possédée. J’aime aussi beaucoup la scène qui montre Jennifer de dos se préparant méticuleusement au bal de fin d’année et qui se termine en montrant dans le reflet du miroir le visage de la jeune femme en pleurs, ravagée par la douleur de sa possession ressemblant pour un instant à une maladie détruisant à la fois sa beautée et sa jeunesse.

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Jennifer’s body est donc un petit film sympathique à regarder sans trop se prendre la tronche. C’est pas du cinématographe, pas du grand septième art mais c’est peut être juste du bon cinoche et c’est déjà ça de pris, d’autant plus que le film semble vraiment n’avoir aucunes autres prétentions que cela.

 

Ma(d) note : 05/10

24
oct

TWILIGHT CHAP 1, FASCINATION de Catherine HARDWICK

twilight   Pour être tout à fait franc Twilight chapitre 1 fascination est un film qui au départ ne m’attirait absolument pas du fait de son univers à priori trop lisse et adolescent pour moi, une impression encore renforcée par une bande annonce assez fadasse… Du coup j’ai soigneusement évité le film lors de sa sortie en salles et puis comme souvent je me suis dit qu’il était finalement idiot de laisser des à priori prendre le dessus sur un jugement critique objectif. Du coup j’ai finit par louer le film en me disant que je n’étais pas à l’abri d’une bonne surprise, et au bout du compte j’avais bien raison car Twilight chap 1 fascination est bien au delà de ce que j’imaginais. Je pensais me retrouver face à une gentille romance fantastique totalement inoffensive mais je ne pensais vraiment pas me retrouver à subir un aussi mauvais film.

   Twilight ne raconte finalement pas grand chose, du coup c’est assez rapide à résumer. Isabella Swan se voit contrainte de retourner pour un temps vivre chez son son père, du coup elle doit s’intégrer dans son nouveau lycée en cours d’année. Très vite la jeune fille est totalement fascinée par un jeune garçon très mystérieux Edward Cullen dont elle tombe amoureuse, un jeune homme qui va se révéler être un vampire….

 

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Twilight est un film qui combine donc deux orientations assez distincts qui sont la romance adolescente et l’univers fantastique des créatures de la nuit. On va pourtant assez vite comprendre que seul l’aspect romance adolescente intéresse vraiment la réalisatrice Catherine Hardwick et que l’univers fantastique ne va servir finalement que de vague prétexte à une éternelle histoire d’amour prétendue impossible. Sur l’aspect film pour ados, Twilight empile avec délices les clichés déjà vu mille fois, la jeune fille solitaire, l’intégration au nouveau lycée, les nouveaux amis, le père un peu bourru et débordée, le bal de fin d’année…. Sur cet aspect aucun soucis Twilight rempli le cahier des charges avec une application quasiment scolaire et avec un soucis maniaque de bien faire son film d’ados parfaitement calibré. Les personnages sont tous bien propres et lisses sans la moindre petite aspérité de caractère ou de comportement, de véritables caricatures de sitcom entre la bonne copine, le black de service, la fille intello à lunette un peu coincé on est dans une imagerie totalement froide et aseptisée de l’univers adolescent, bien loin des personnages du regretté John Hugues par exemple. C’est comme si le film ne voulait adopter aucun point de vu sur ses personnages qui ne sont du coup que des images sans défauts, sans qualités, sans âmes.

 

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Sur l’aspect fantastique du film ça tourne tout simplement à la catastrophe mais comment pourrait il en être autrement puisque visiblement Catherine Hardwick se fout totalement de l’univers mythologique des vampires. Je n’ai rien contre le fait qu’on dépoussière un peu les grands mythes du cinéma fantastique mais là ça devient franchement du n’importe quoi pourvu que ça ne complique pas trop la platitude romance entre les personnages. Du coup pour que Bella et Edward se rencontre tout naturellement on va dire que les vampires peuvent sortir le jour et aller au lycée et puis pour justifier que le jeune homme ne lui pompe pas direct la carotide on va dire qu’il existe des gentils vampires végétariens ou qui se nourrissent uniquement d’animaux. Du coup le film balaye d’un revers de la main tout ce qui aurait pu faire de Twilight un film intéressant puisqu’il rejette en bloc tout les aspects les plus troubles et dangereux de la relation entre les deux tourtereaux. Edward qui est soit disant un vampire et un dangereux prédateur est un personnage totalement mou du genoux et inoffensif ce qui fait que sa relation avec Bella est d’une affligeante banalité alors qu’elle devrait être empreinte de troubles, de dangers, de tensions et de pulsions de mort. Le gros problème des vampires de Twilight c’est qu’ils sont des vampires new-age avec un bon petit régime alimentaire et surtout des pulsions sexuelles misent au placard. Pas une seule fois durant le film Edward ne sera montré de manière négative ou un poil ambigüe, alors qu’il est par essence le personnage qui pourrait faire basculer le récit vers le fantastique il reste à l’image du film tout entier désespérément lisse et plat. Depuis qu’ils se sont fait couper les couilles et les crocs , les vampires se contentent donc de vivre en famille comme des glands et de jouer au baseball comme des cons car pour tout de même justifier que le clan des Cullen sont des créatures fantastique le film nous balance d’improbables séquences à pisser de rire durant lesquelles Edward court à toute vitesse dans les bois (on croirait Stephen Show dans crazy kung fu), fait des bonds de plusieurs mètres de hauteur ou grimpe au sommet des arbres comme une araignée….Si Twilight était un film français on nous aurait montré les vampires tranquilles à l’apéro avant d’aller faire une pétanque. Avec un tel niveau de renoncement on se dit que Twilight aurait sans doute gagner à inventer totalement ses créatures dans une nouvelle mythologie plutôt que d’en faire des vampires qui ressemblent finalement aussi peu à des vampires. Passe encore qu’on oublie les gros clichés du genre avec l’ail, les crucifix, les miroirs mais un vampire qui devient un joli vers luisant au soleil ça devient vraiment portnawak. Alors pour justifier quand même un peu de tension dramatique, car il ne faut pas oublier qu’il ne se passe strictement rien durant le film, Catherine Hardwick nous balance des vampires méchants qui eux bouffent des humains (mais toujours hors champ of course) et qui voudrait bien bouffer le cou de Bella (j’ai évité de peu la faute de frappe). Les vampires méchants se reconnaissant facilement du fait de leur peau noir, de leur blouson de cuir de voyou et de leur chevelure rousse. On trouve donc enfin des personnages un peu plus troubles quoi que toujours aussi caricaturaux, cela permet au moins de relancer un poil l’intérêt du film et d’offrir une confrontation finale certes ultra expéditive mais qui ressemble enfin à un moment de cinéma fantastique.

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Twilight est donc un film de vampires passé à l’eau de javel, un univers mythologique réduit à néant dans un soucis de capitaliser au maximum sur un public extrêmement jeune à tel point qu’on se demande si c’est finalement un film pour des ados ou pour des enfants ?? Pas de sang, pas de tension, pas d’enjeux dramatiques, pas de sexe (Ouhlala grand dieu non !!), pas de trouble ; juste une banale et soporifique histoire d’amour adolescente.Une sorte de naufrage complet dont on ne retiendra que la très jolie et convaincante Kristen Stewart dans le rôle de Bella et Billy Burke dans celui de son père, les scènes entre les deux personnages étant de loin les plus réussis du film. On pourra aussi saluer le beau boulot du directeur de la photo Elliot Davis qui donne aux images de belles teintes automnales et la belle musique mélancolique de Carter Burwell. Pour le reste le cinéma fantastique est rempli de relation troubles et amoureuses bien plus charnelles, viscérale et émouvante que cette page de papier glacée pour magazine de jeunes filles en fleurs. De quoi enrager quand on repense que le sublimissime et incomparablement meilleur Morse aura connu lui une exploitation absolument lamentable en salles.

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Du coup difficile d’espérer quoi que ce soit d’un second volet qui s’annonce aussi mou que ce premier opus, seul la tribu indienne pouvant se révéler être des loups garous(pur hypothèse de ma part) laisse entrevoir un semblant d’intérêt, et encore !! Si c’est pour traiter les lycans de la même manières que les vampires finalement il est préférable d’imaginer que c’est une fausse piste. Il faudra peut être attendre un Twilight 3 réalisé par David Slade (Hard candy, 30 jours de nuit) pour que l’univers prenne enfin une certaine dimension fantastique et dramatique. En espérant que le réalisateur ne soit pas trop contraint de se formater à la platitude inoffensive mise en place lors des premiers films. Un Twilight avec des vampires bien teigneux à la 30 jours de nuit ça fait saliver mais j’avoue que je n’y crois pas trop…….

Ma(d) note 02/10

21
oct

THE DESCENT PART 2 de Jon HARRIS

affiche  The descent part 2 est une suite presque direct à The descent de Neil Marshall sorti en 2005 sur les écrans , un survival qui avait alors agréablement surpris les spectateurs par sa rage viscérale, ses implication psychologiques et son aspect totalement claustrophobe qui en faisait pour le coup une véritable expérience à vivre en salles. The descent 2 reprend presque exactement là ou s’achève le premier opus à condition toutefois de considérer le final de la version ricaine du film qui proposait un happy end absent de la version sortie sur les écrans français. 

 L‘histoire se passe donc juste 24 heures après que Sarah (toujours interprétée par Shauna McDonald) est réussis à sortir des entrailles de l’enfer. Mutique et partiellement amnésique la jeune fille se retrouve contrainte et forcée par le shérif local de redescendre sous terre avec une petite équipe de secours afin de tenter de retrouver les autres jeunes filles disparues.

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The descent part 2 veut donc jouer à fond la carte de la continuité ,du coup l’équipe du film reste assez similaire à celle de 2005. On retrouve le même directeur de la photo, les mêmes actrices, le même compositeur, la même équipe aux effets spéciaux et Jon Harris au poste de monteur qui devient également ici réalisateur à la place de Neil Marshall lequel se contente lui du poste de producteur exécutif sur le film. Et c’est sans doute cette absence de Neil Marshall à l’écriture comme à la mise en scène qui va s’avérer la plus préjudiciable à cette suite car malgré la présence de James Watkins (Eden Lake) au poste scénariste The descent part 2 n’est finalement pas plus intéressant dans ce qu’il raconte que dans la manière dont l’histoire sera mise en images.

The descent part 2 ressemble furieusement à une grosse série B flirtant parfois aux frontières du Z qui tente de capitaliser sans trop se fouler sur les éléments mis en place lors du tout premier opus. Si Jon Harris réussit parfois à reprendre à son compte la sauvagerie viscérale des affrontements et l’aspect iconique de ses femmes devenant de véritables guerrières il perd en cours de route tout l’intérêt psychologique des confrontations, tous l’aspect étouffant et claustrophobe de l’univers sous terrain pour livrer clefs en main et à usage unique un film d’horreur sans âme et sans surprises.

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Les différents personnages du film ne représentent presque aucun intérêt tant ils n’ont qu’une seule et unique fonction qui est de servir le temps voulut de victime afin d’assurer le quota de séquences gore au film. Seul les personnages rescapés du premier opus possède un petit semblant d’épaisseur du fait de leur profil déjà mis en place par Neil Marshall lors du premier film. Les séquences gore deviennent très vite ultra répétitive à grand coup de geyser de sang filmé en secouant la caméra dans tout les sens ou assez gratuitement craspecs avec par exemple un rat sortant par la bouche d’un corps décharné, un peu comme si Jon Harris recherchait l’effet juste pour l’effet. Le film tente bien de faire sursauter régulièrement les spectateurs après avoir installer un semblant de tension mais la profusion assez systématique de jump scares foireux finit presque par ressembler à un running gag dans lequel on attend systématiquement qu’un élément surgisse brutalement à l’écran. Les scènes d’action déjà un poil bordélique dans le premier film tournent ici au n’importe quoi absolument illisible tant on s’approche parfois de l’abstraction la plus totale. Bien malin alors celui qui pourra me dire ce qui se passe exactement lors de l’affrontement final entre les trois filles et les créatures (??)

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Le bilan déjà peu reluisant est encore plombé par deux trois éléments qui font définitivement pencher la balance de la série B vers le négatif du Z. Les dialogues sont d’une platitude assez sidérante et lorsque Jon Harris tente de jouer sur le registre de l’émotion il nous balance une séquence vaguement artificielle avec une femme flic enregistrant sur son téléphone un message d’adieu larmoyant à sa fille. Mais le moment le plus énervant du film reste incontestablement cette séquence assez lamentable montrant une créature en train de faire caca et ceci juste pour le plaisir de faire un gag scatologique en plus moyennement drôle…. Pour décrédibiliser un récit et faire retomber la tension ça doit être assez difficile de trouver pire moyen. En tout cas pour moi ça me fait autant d’effet que si Rob Zombie nous filmait Michael Myers en train de couler un bronze entre deux meurtres. J’imagine que c’est sans doute cela qu’on appelle une lamentable faute de goût ?

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The descent part 2 ne décolle jamais de son statut de petit bis aussi vite regarder qu’oublier, le comble pour un film explorant les tréfonds de la terre étant de rester aussi désespérément superficiel et finalement la seule profondeur que sonde Jon Harris avec cette suite est celle de la médiocrité.

Ma(d) note : 04/10

12
oct

W DELTA Z de Tom SHANKLAND

waz_in   Waz ( prononcé W delta Z) est un petit film qui ne paye pas de mine au premier regard et qui pourtant s’avère être une excellente surprise. Ce petit direct to DVD bien que vendu de manière un poil opportuniste comme un ersatz de torture porn à la Saw ou Hostel va se révéler au final comme un thriller horrifique avec une ambiance sombre et une véritable densité dramatique qui font que d’un seul coup le film surpasse sans aucun soucis les deux licences réunis… L’éternel paradoxe restant comme toujours que ce film soit cantonné aux rayonnages des magasins alors que le bien nommè en matière de charcuterie purement alimentaire et industrielle Saw 6 est prévu en salles pour début novembre,

Waz raconte donc l’histoire de deux flics qui enquêtent sur une série de meurtres particulièrement violents, les cadavres retrouvés ayant subit de nombreuses tortures et mutilations. Bien vite ils vont découvrir que les victimes vont par paire et que vraisemblablement le tueur pratique un jeu morbide en torturant une personne tout en lui laissant le choix de mettre fin à son calvaire en tuant toutefois un de ses proche, un choix des plus douloureux éprouvant les sentiments les plus intimes des victimes comme le résume l’excellente tagline du film « jusqu’où êtes-vous prêt à souffrir pour sauver ceux que vous aimez ? «

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L‘une des premières bonne surprise du film est de voir sur l’écran des personnages denses avec une vraie épaisseur dramatique. Les deux flics portent en eux une forme de sombre mélancolie et des blessures intérieures qui leur donnent à la fois une grande force de caractère et une forme de fragilité interne. C’est le comédien suédois Stellan Skarsgard habitué des films de Lars Von Triers qui incarne avec talent l’inspecteur Argo, un flic désabusé et totalement rongé de l’intérieur. Sa jeune partenaire est incarné par Melissa George surtout connue jusqu’ici pour son rôle dans 30 jours de nuit de David Slade et qui incarne ici un flic au regard presque candide et dépassè par la noirceur des évènements qui l’entoure. Impossible par exemple d’oublier le visage de la jeune actrice lorsque dans l’épilogue du film elle sourit nerveusement pour contenir le flot d’émotion qui vient la submerger. Pour parfaire le casting il faut aussi noter la très belle performance de Selma Blair qui incarne là encore un personnage ambigu dont la froide détermination des actes ne trouvent de résonances que dans la sombre douleur qu’elle porte en elle.

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Les amateurs d’étalages de boucherie seront sans doute franchement déçu par Waz dont le propos n’est absolument pas d’aligner pour le fun un maximum de scènes gores bien crapoteuses. Le film choisit même plus volontiers la suggestion plutôt que de montrer de manière frontale les différents tortures subit par les personnages. Le film n’en est pas moins éprouvant jouant sur une violence physique et psychologique qui fait souvent très mal à regarder et il suffit parfois au réalisateur du film de quelques courts flashbacks pour donner à une scène de viol toute sa dimension en matière de violence hallucinante et d’intensité dramatique. Et c’est peut être bien là que réside la force du film de Tom Shankland, dans cette capacité à toujours accompagné la violence graphique du film d’un background dramatique et émotionnel tout aussi douloureux que l’aspect physique des souffrances. Et il fallait alors être foutrement culotté pour orchestrer un acte final aussi casse gueule que celui du film tout en restant parfaitement crédible, Waz (prononcé toujours W delta Z) offre alors aux spectateurs une confrontation finale dont la violence des rapports psychologiques entre les personnages dépasse de loin la barbarie des tortures infligées. Un final qui en plus à l’intelligence de s’inscrire parfaitement dans l’esprit thématique du film et cette notion du sacrifice pour sauver la personne que l’on aime.

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Waz est donc un film particulièrement sombre dont les personnages ne verront presque jamais la lumière du jour, au sens propre comme au figuré le film se déroulant presque entièrement de nuit. Un film qui flirte avec le nihilisme le plus complet dans sa description de rapports humains mis à mal par la souffrance, l’instinct de survie et le besoin d’amour. Un peu à la manière de Seven le film baigne dans une ambiance de noirceur absolue toutefois bien moins graphique et esthétique que dans le film de Fincher. Les éléments qui composent l’univers déliquescent de Waz sont la nuit, des immeubles déglingués, un vieux commissariat bordélique, des hangars désaffectés, des putes, des drogués, des flics corrompus, des vies pleine de solitude, des mères prêtes à sacrifier leurs fils…. un univers dont émerge un sentiment étouffant de tristesse amplifié par la belle partition de David Julyan compositeur attitré des premiers films de Christopher Nolan.

W delta Z rejoint donc la longue liste des très bons films condamnés aux petits écrans, et du coup c’est avec une grosse impatience que j’attends le prochain film de Tom Shankland intitulé The children prévu en salles pour fin octobre avec une histoire de gamins se retournant contre leurs parents dans un esprit très seventies.

Ma(d) note : 7,5/10

30
sept

LESBIAN VAMPIRE KILLERS de Phil CLAYDON

aff  C’ était évident que le joli petit succès de Shaun of the dead allait bien finir par inspirer quelques petits malins ouvertement opportunistes tentant de surfer sur la vague de la comédie horrifique britanique afin d’en récolter les dernières miettes commerciales. Le genre est pourtant déjà bien sur le déclin car depuis le formidable Shaun of the dead, nous avons eu droit au très bon Severance puis au très moyen Bienvenu au cottage, puis au très bof Shrooms pour finir donc avec Lesbian vampire killers dont le seul mérite est de s’inscrire dans la logique déclinante du genre puisque le film est cette fois ci particulièrement mauvais.

   Le film raconte l’histoire de deux potes un peu loosers sur les bords qui décident d’aller décompresser en faisant une randonnée dans un bled paumée d’Angleterre. Dès leur arrivée ils se retrouvent plonger au cœur d’une vielle malédiction transformant les jeunes filles du village en vampires lesbiennes dès l’instant que celles ci atteignent l’age de dix huit ans. Bien vite les deux potes vont se retrouver dans une cabane paumée au fond des bois avec quelques étudiantes et des vampires à leurs trousses…

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    Dès le départ on voit ouvertement que le réalisateur et ses deux scénaristes se sont largement inspiré de Shaun of the dead ne serait ce que dans la caractérisation des deux personnages principaux confrontés soudainement à des événements impliquant un univers fantastique mythologique. On a donc droit au gentil looser un peu lunaire largué par sa gonzesse et son gros pote grande gueule et adepte de la déconne. Mais la grosse différence est que si dans Shaun of the dead les deux personnages étaient immédiatement sympathique pour finir même par devenir attachants et touchant dans Lesbian vampire killers ils ne sont que de vagues ersatz qui ne vont cesser de devenir de plus en plus lourdingues et fatigants à mesure que le film avance en restant tout le long du métrage sur un seul et même registre. Phil Claydon tentera bien sur la fin de son film de faire de son anti-héros une pseudo icône prophétique et chasseuse de vampire, mais deux trois pauses à la Ash dans Evil dead n’y changeront rien et Jimmy (Matthew Horn) restera aussi transparent du début jusqu’à la fin du film. Quand à Fletch (James Corden) il restera lui aussi sur des gros traits de caractères bien caricaturaux d’obsédé du cul qui finissent là encore assez vite par lasser au fur et à mesure que le film avance.

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   Alors que Shaun of the dead était un comédie référentiel autant qu’un véritable film de zombies, Lesbian vampire killers n’utilise le mythe du vampire que de manière totalement anecdotique et superflu. On pourra toujours trouver quelques lointaines références au film gothique de la Hammer dans l’ambiance du village mais à l’évidence c’est surtout la grosse comédie bien potache qui intéresse vraiment Phil Claydon, bien plus que les créatures de la nuit. Il est donc bien difficile de trouver un moindre intérêt à cette histoire improbable de malédiction tant le réalisateur semble être le premier à s’en foutre royalement. Les fameuses vampires lesbiennes sont aussi peu fascinantes, inquiétantes que sexy passant les trois quart du temps à onduler du cul au ralenti comme dans un clip de R&B. Du coup le film s’essouffle à peine une demi heure après avoir commencer pour finir par douloureusement trainer la patte afin d’atteindre les 90 minutes. La grande majorité des gags visent le slip entre un manche d’épée en forme de bite, le type qui repousse une vampire en lui pelotant les nichons , des implants mammaires qui restent en main et des bombes à eau bénite dans des capotes on nage donc en pleine finesse. Si on ajoute une répétition de gags à base de liquide dégueulasses que les mecs se prennent sur la gueule on comprends alors qu’on est plus proche d’un scary movie que de Shaun of the dead. Seul le gag avec une vampire cognant ceux qui gravitent autour d’elle du fait d’une hache plantée dans le crâne m’aura arracher un sourire entre deux bâillements.

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  Niveau gore et effets spéciaux le film est également bien loin d’atteindre un niveau respectable,et ce Lesbian vampuire killers manque du coup furieusement de folie horrifique pour faire passer la pilule. Entre des effets numériques totalement nases et cette étrange idée de remplacer le sang par un liquide blanc entre le lait et le sperme on finit par avoir des effets gores aussi inoffensifs que monstrueusement laids. On se demande aussi bien pourquoi la vampire en chef tire une langue de reptile de plusieurs mètres de long (??) à moins que ce soit juste pour le gag désopilant de la voir lécher avec sa bave dégueulasse la joue du héros. Au niveau de la mise en images Phil Claydon se la joue réalisateur super cool et branchouille en utilisant deux ou trois trucs à la mode comme l’accélération soudaine et brutale de l’image, l’amplification de certains bruitage et l’incrustation très graphique d’indications dans l’image mais au bout du compte son film reste aussi paresseusement mis en image qu’un téléfilm. Pour le reste hormis un générique et un titre bien grindhouse dans l’esprit, le film est aussi plombant dans son rythme que dans l’anonymat lamentable de sa mise en scène. Du coup la fin ouverte du film laissant présager de nombreuses suites possibles en déclinant à d’autres mythes comme des loups garous pédés le concept déjà bien foireux de ce premier opus ne pourras que laisser plus que perplexe.

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Après le gentillet Twilight et le bien foireux Blood the last vampire, Lesbian vampire killers confirme que 2009 pourrait bien être l’année du film de vampires moisis, heureusement que le sublime Morse sorti en début d’année était là pour redorer le blason des créatures de la nuit en attendant de voir Thirst de Park Chan-wook.

 Ma(d) note : 02/10

24
sept

WELCOME TO THE JUNGLE de Jonathan HENSLEIGH

welcometojungleAttention ! Voici Welcome to the jungle en version intégrale non censuré, la suite officieuse de Cannibal holocaust produite par les mecs qui ont fait Terminator et Alien et qui pourrait bien être au bout du compte le film le plus terrifiant de cette décennie….Enfin tout ceci ce sont les arguments commerciaux qui s’affichent fièrement sur la jaquette DVD du film de Jonathan Hensleigh pour faire saliver le spectateur car dans les faits Welcome to the jungle est juste une grosse arnaque opportuniste et sans le moindre intérêt.

   Welcome to the jungle nous raconte donc l’histoire de deux couples de d’jeuns en vacances et qui pensent soudain pouvoir faire fortune en allant retrouver un vieux mec perdu au fin fond de la jungle qu’ils pensent être Michael Rockfeller disparu des années auparavant dans la région. Les 4 amis s’enfoncent donc joyeusement au cœur de la jungle hostile de Nouvelle Guinée jusque sur le territoire d’une tribu cannibale.

   Tout comme Le projet Blair Witch le film de Jonathan Hensleigh se déroule entièrement du point de vue subjectif de ses protagonistes qui sont à la fois les acteurs et les réalisateurs de leur propre histoire. Si dans le film de Myrick et Sanchez ce point de vue était totalement justifié par la réalisation d’un documentaire global sur la sorcière de Blair justifiant la mise en image permanente par les protagonistes, il est ici beaucoup plus artificiel car les caméras ne sont là au départ que pour filmer les vacances des personnages et avoir finalement une preuve visuel de la survie de l’héritier Rockfeller, on comprend donc un peu moins pourquoi les 4 jeunes se filment en permanence et ceci quoi qu’ils fassent. Du coup si Welcome to the jungle emprunte beaucoup sur la forme au projet Blair Witch ( la structure du récit est quasiment identique) il ne parvient jamais à atteindre son niveau d’intensité dramatique et de crédibilité. Car on pourra dire tout ce que l’on voudra du film de Myrick et Sanchez, critiquer le vide qu’il semble observer pendant des heures en filmant des branches mortes, il n’empêche que Le projet Blair Witch possède un final absolument terrifiant entièrement conditionné par les 70 minutes qui le précède et qui sont donc indispensable au film. On sent bien alors que le film de Jonathan Hensleigh voudrait reprendre à son compte cette construction débouchant sur un plan final tétanisant en pompant sans vergogne la structure dramatique du film de Myrick et Sanchez, le seul gros problème c’est que dans Welcome to the jungle il ne se passe strictement rien pendant 75 minutes (le film est monstrueusement mou du genou) et pas grand chose durant les 6 minutes restantes. Sans doute conscient que son film ne raconte pas grand chose Jonathan Hensleigh invente un clash entre les deux couple au milieu du récit mais sans que celui ci relance pour autant l’intérêt global du film, c’est peu être même l’effet contraire qui se produit alors tant les 4 personnages déjà relativement peu consistant au départ deviennent après cette dispute des caricatures désincarnés de d’jeuns scindés en deux groupes distincts; les déconneurs et les sérieux.

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    Et puis la mise en images subjective du récit ne s’accompagne ici d’aucune justification et d’aucune réflexion particulière sur cette façon même de réaliser un film. C’est donc filmé à l’arrache avec images tremblantes, cadrages approximatifs, lumière naturelle avec pour seule justification que c’est finalement bien pratique pour filmer n’importe comment d’avoir l’alibi du point de vue subjectif . Dans Cannibal holocaust , Ruggero Deodato nous interrogeait sur le pouvoir de fascination et le voyeurisme des médias, Le projet Blair Witch brouillait les pistes de la perception entre la fiction et la réalité du documentaire, Rec impliquait directement le spectateur en fusionnant sa narration avec celle d’un jeu vidéo et Diary of the dead montrait la sur multiplication des médias et des images dans notre société…. Dans Welcome to the jungle la caméra subjective permanente n’est qu’un truc, un pur artifice de mise en scène. Si encore le film donnait entière satisfaction au niveau du gore, on pardonnerait sans doute beaucoup au long métrage de Hensleigh mais là encore on est loin, très loin du compte. Difficile de se vanter d’être la suite officieuse de Cannibal holocaust en proposant en tout et pour tout un seul plan gore durant tout le film. Un plan bien évidemment présent en photo sur la jaquette du film histoire de séduire les penchants déviants des amateurs de tripailles. Ce plan reprend (hommage ou pompage ??) l’image mythique de l’empalement de Cannibal holocaust avec toutefois moins de réalisme, de crudité, de violence sèche et de noirceur. Pour les amateurs de gore il est donc parfaitement inutile de perdre son temps et son argent avec ce DVD car en dehors de cette seule et unique scène et de trois autres plans plus que furtifs il n’y a strictement rien à voir…..

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Le plus amusant reste sans doute la mauvaise foi évidente de Jonathan Hensleigh qui vante ouvertement l’originalité de son film en refusant d’avoir trouver l’inspiration du coté du film de Ruggero Deodato. C’est d’autant plus risible que le film est finalement vendu comme une pseudo suite de Cannibal holocaust et que la ressemblance est tellement flagrante qu’elle ne trompera personne.

Ma(d) note : 01/10